Comment ça marche
Liana est un portefeuille Bitcoin de bureau écrit en Rust et publié sous licence BSD-3-Clause. Il se compose de deux briques coopérantes : un démon lianad qui expose une interface JSON-RPC, et une interface graphique fondée sur Iced pour Windows, macOS et Linux. Le portefeuille parle au réseau Bitcoin via un backend choisi par l'utilisateur — un nœud Bitcoin Core local, un serveur Electrum, ou une instance Esplora.
L'originalité tient à la politique de dépense. Au lieu d'une seule clé, Liana construit un descripteur miniscript avec un chemin principal qui signe immédiatement et un ou plusieurs chemins de recours qui ne deviennent valides qu'après une fenêtre d'inactivité on-chain — trois mois, un an, selon votre réglage. Les verrous temporels sont appliqués par le réseau Bitcoin lui-même, pas par Wizardsardine ; une fois les fonds posés sur une adresse Liana, aucun opérateur ne peut les déplacer.
Cette même construction supporte un multisig « dégressif » ou « extensible » — un 2-sur-3 aujourd'hui qui se simplifie en clé unique après le délai —, présenté par Wizardsardine comme une alternative plus sûre à un héritage 2-sur-3 statique.
KYC & confidentialité
Il n'y a rien à connaître. Liana est un logiciel que l'on télécharge ; pas de compte, pas d'e-mail, pas d'identité côté opérateur, et les binaires sont reproductibles depuis la source GitHub. Le portefeuille n'embarque pas de télémétrie. La confidentialité au niveau réseau dépend du backend choisi : pointer Liana vers votre propre nœud Bitcoin Core reste l'option la plus solide, tandis qu'un serveur Electrum ou Esplora public verra les adresses que vous interrogez.
Une variante web séparée, lianalite.com, existe avec son propre modèle de menace et sort du périmètre de cette analyse — il est ici question du portefeuille de bureau auto-hébergé.
Forces et limites
L'ingénierie miniscript est le vrai sujet. Antoine Poinsot, auteur principal de Liana, est aussi mainteneur Bitcoin Core et l'une des personnes qui ont fait passer miniscript en production. Ce pedigree se voit dans le traitement des descripteurs, le flux PSBT et l'intégration des signeurs matériels — Ledger, Coldcard, BitBox et Blockstream Jade fonctionnent sans bricolage. La version 14, sortie en avril 2026, a simplifié l'onboarding et allégé la charge cognitive nécessaire pour construire un multisig dégressif, principal point de friction des versions antérieures.
Les limites sont tout aussi nettes. Pas de Lightning, pas de gestion de pièces au niveau de Sparrow, pas de version mobile. La base de code n'a pas fait l'objet d'un audit tiers publié à ce jour ; la pression de revue vient de la communauté Bitcoin Core qui entoure son auteur, pas d'un cabinet nommé. Le dépôt GitHub culmine autour de 436 étoiles et la base d'utilisateurs reste modeste — Liana est éprouvée par le crédit de ses mainteneurs, pas par des millions d'installations.
Verdict
Liana occupe un créneau étroit mais important : un portefeuille Bitcoin auto-conservé dont la spécificité est la rigueur autour des recours temporisés, écrit par des gens qui livrent le protocole sous-jacent. C'est l'outil adapté à ceux qui veulent l'héritage ou la récupération inscrits dans le script lui-même, plutôt que greffés en service. Note : A- (8,6/10). Confiance : TRUSTED.
Liana est ce rare portefeuille auto-conservé où le recours par verrous temporels est une primitive de premier ordre, pas une rustine. La filiation Bitcoin Core se voit dans le traitement des descripteurs et la prise en charge matérielle, même si la base d'utilisateurs reste réduite. Note : A- (8,6/10). Confiance : TRUSTED.



